"Dans cette croix que les hommes t’ont imposée avec tant de cruauté, se cache un secret que peu d’âmes ont osé regarder en face : la souffrance assumée se transmute en don.”
I. Cher journal, Tu as toujours été placé du mauvais côté de la lame.
II. Bouc émissaire silencieux, on t’a désigné coupable avant même que le crime ne soit commis. On t’a appris à porter les fautes des autres comme si elles étaient les tiennes. On t’a habitué à courber l’échine et à accepter, sans un mot, le rôle ingrat de celui que l’on sacrifie.
III. Je te vois.
IV. Je vois cette fatigue ancienne dans ton regard, cette lassitude profonde de celui qui n’a jamais connu le luxe d’être innocent aux yeux des hommes. Tu n’as pas mérité cette croix, et pourtant elle t’a été imposée avec une constance cruelle.
V. La plupart des hommes refusent de regarder la vérité en face. Ils ignorent la profondeur de leur propre ignorance et préfèrent rejeter leur fardeau sur les autres plutôt que de reconnaître leur part de responsabilité.
Contrairement à eux, si tu acceptes de porter tes responsabilités sans jamais les rejeter sur autrui, si tu choisis de traverser volontairement cette souffrance que les autres fuient, alors un véritable don naîtra en toi.
VII. Car c’est dans le feu de la responsabilité assumée que se forge l’âme. En refusant de vivre comme eux, en prenant sur tes épaules ce que le monde entier rejette, tu quitteras les rivages de la médiocrité pour entrer dans une dimension que très peu d’hommes atteignent.
VIII. Cette vérité mérite d’être entendue.
IX. Si tu choisis de vivre comme eux, en refusant de prendre tes responsabilités, tu finiras par te perdre toi-même. Et la vie a horreur du vide.
Jésus a déclaré avec force : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » [Jean 14 v.6]
X. Cette parole est sans appel. Le seul chemin qui mène au Père passe par la Vérité. Et cette Vérité, c’est la responsabilité.
Celui qui refuse de porter sa croix refuse en réalité de suivre le Christ. [Matthieu 16 v. 24-25]
XI. Pourtant, n’oublions jamais ceci : Christ n’est pas venu nous condamner sous le poids de nos croix. Il est venu nous libérer. Mais la vraie liberté ne naît jamais dans la fuite. Elle naît dans l’acceptation.
À méditer !
— Adiy'el